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dimanche 7 septembre 2014

Bonne lecture : "Constantin ou la puissance de Dieu."


                                        C'est un peu par hasard que j'ai découvert ce petit ouvrage, lors d'une foire aux livres en marge de laquelle avaient été réunis quelques auteurs. Les bras déjà chargés de bouquins, j'ai jeté un rapide coup d’œil vers la table derrière laquelle ils étaient installés et mon regard s'est arrêté net sur le nom de Constantin. Bien évidemment, le livre s'est immédiatement ajouté à la pile, pourtant déjà chancelante... Mais que voulez-vous : le nom d'un Empereur romain apparaît sur la couverture, et mon sang ne fait qu'un tour.

                                        Le livre en question s'intitule "Constantin ou la puissance de Dieu". Il s'agit d'une courte pièce de théâtre en deux actes, écrite par Pierre-Vincent Roux, auteur breton installé dans le Vaucluse. Il y traite des liens entre pouvoir et Christianisme, au moment où Constantin adopte la religion monothéiste et lui donne une existence officielle.






                                        Pour comprendre cette pièce, il est nécessaire de revenir brièvement sur la politique religieuse menée par Constantin. L'Empereur se serait converti au christianisme après la bataille du Pont Milvus (312) au cours de laquelle lui est apparu le signe de la croix (voir ici). Dès lors, il impose progressivement sa nouvelle religion, et promulgue notamment en 313 l'édit de Milan, qui reconnaît officiellement le christianisme et met fin aux persécutions. Désormais pratiquée librement, la religion chrétienne est cependant secouée par des querelles théologiques s'opposant sur l'interprétation et les doctrines, et auxquelles prend part Constantin. Controverse majeure, l'arianisme tire son nom d'un prêtre alexandrin, Arius, qui affirme la non-divinité du Christ, fils de Dieu créé par Lui. Arius est désavoué en 325 lors du concile de Nicée. Mais réhabilité trois ans plus tard grâce au soutien de Constance, fils de Constantin, il voit sa position renforcée en 335, lorsque le concile de Tyr condamne à l'exil son principal détracteur, l'évêque Athanase.      

                                        La pièce se déroule précisément au lendemain de ce concile, au cœur du palais impérial de Constantinople. Elle met en scène les principaux acteurs de la controverse : Constantin bien sûr, ses fils Constatin le Jeune et Constance, les évêques Eusèbe de Césarée et Eusèbe de Nicomédie, Athanase. La décision d'exiler Athanase ayant été prise, celui-ci sollicite la grâce de l'Empereur, qui interroge ses conseillers sur la conduite à tenir : comment mettre un terme à cette crise, qui divise l'Empire et le fragilise ? Car le problème, en apparence centré sur de complexes questions théologiques, est aussi et surtout politique : les considérations religieuses et les doctes discours dissimulent des intrigues et des complots, chacun tentant d'asseoir sa position - à l'image de Constance qui, s'appuyant sur Eusèbe de Nicomédie, entend bien prendre l'ascendant sur ses frères.

                                        Si le texte fait la part belle aux argumentations théologiques, on comprend vite qu'elles ne sont qu'un prétexte. Du reste, le débat concerne moins la véritable nature du Christ - pourtant au cœur de la polémique - que le rôle de l'Empereur face à la dichotomie du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel. Le propos est tout de même érudit et il est parfois difficile d'en dégager toutes les subtilités - opinion que semble partager le personnage de Constantin, qui avoue au détour d'une scène : "Je ne comprends pas toujours pourquoi on dispute encore sur ces vétilles dont on ne trouve même pas trace dans vos Écritures." Ainsi se dessine en filigrane une lutte pour le pouvoir, aux enjeux politiques autant que religieux.


Icône représentant le concile de Nicée, avec Constantin au centre. (©Dante Alighieri via wikipedia.)



                                        La pièce est intéressante dans la manière dont elle illustre ces luttes d'influence et la façon dont les protagonistes s'appuient sur la religion pour s'imposer aux côtés de l'Empereur. En dépit des digressions théologiques, le style reste accessible et l'écriture est fluide. Néanmoins, et même s'il est difficile de juger d'une pièce de théâtre sans la voir jouée, certains aspects me laissent plus dubitative. Par exemple, l'usage de certaines expressions modernes ("Laisse-le mijoter", lance Constantin en parlant d'Athanase...) qui contrastent avec la langue soutenue du reste du texte, ou les similarités de ton et de langage entre les différents personnages. D'autant que, en dehors même du texte littéraire, on se mélange déjà facilement les cothurnes entre les Contantin (le Grand et le Jeune) et les Eusèbe (de Césarée et de Nicomédie)...

                                        Cependant, l'auteur a le mérite de rendre accessible un sujet complexe, et il soulève en outre une autre question passionnante : quelle est la part de sincérité et la part de calcul chez les protagonistes ? Avec finesse, la pièce se garde bien de tout portrait manichéen : à chacun des personnages sa part de piété et sa part de cynisme, et tous tentent de concilier leur foi avec leurs ambitions. A ce titre, Pierre-Vincent Roux trace un portrait possible et convaincant de Constantin, ce qui n'a rien d'évident tant ses motivations font encore débat aujourd'hui. On ignore la date exacte de sa conversion, il ne fut baptisé que sur son lit de mort, et il adopta probablement le christianisme au moins autant pour des motifs religieux que par stratégie politique.

                                        Malgré quelques réserves, je vous ai donc déniché une pièce courte et percutante, qui propose un regard pertinent sur le tournant pris par le Christianisme au IVème siècle. Et a priori, ça ne court pas les bibliothèques...



"Constantin ou la puissance de Dieu" de Pierre-Vincent ROUX.

Éditions Nombre 7 - lien ici.
66 pages - 5€.


mercredi 16 juillet 2014

Liens internet : La toge à l'envers.


                                        Ceux qui consultent régulièrement ce blog savent que je consacre une bonne place aux livres. Bibliovore compulsive et forcenée, je lie ainsi mes deux obsessions : histoire antique et lecture. Je n'ai guère de mal à trouver mon bonheur, entre les biographies, les essais, les romans historiques, et bien sûr les textes antiques. Encore faut-il dénicher ces derniers, souvent rarement réédités, et j'écume fébrilement les braderies et plonge courageusement dans les cavernes d'Ali Baba que sont les bouquinistes. Heureusement, il arrive parfois que certains passionnés aient l'excellente idée de publier de nouvelles traductions de ces ouvrages. Tel est le cas de la toute jeune maison d'édition Ragami.

                                        J'ai récemment été contactée par Rafaëlle Gandini Miletto, éditrice et auteur à l'origine du projet.  Pour lancer la collection malicieusement baptisée "La toge à l'envers", les éditions Ragami ont choisi deux titres du répertoire théâtral comique antique, qui en illustrent chacun une facette différente : "L'éloge du parasite" de Lucien de Samosate, et "Les Jumeaux" (ou "Les Ménechmes") de Plaute.

                                        Le premier texte met en scène Simon, parasite donnant son titre à la pièce. Au fil d'un dialogue plein de verve et d'ironie, il explique en quoi le parasite est l'un des êtres les plus admirables et les plus utiles à la société - avec en filigrane une critique acerbe et sarcastique des philosophes, en apparence pleins d'une hauteur intellectuelle et morale qui dissimule en réalité des préoccupations bien plus triviales. Quant à la seconde œuvre, elle raconte l'histoire des Ménechmes, deux jumeaux séparés dans l'enfance. L'un d'eux est enlevé par des pirates, et le second reçoit en hommage le nom de son frère disparu. Quelques années plus tard, Ménechme II part à la recherche de Ménechme I: quand il débarque à Epidaure, où se trouve son jumeau, l’homonymie et la ressemblance engendrent une série de quiproquos délirants. Voilà pour les deux intrigues, grossièrement résumées.

Éloge du parasite - illustration Baptiste La Barbe pour "La toge à l'envers." (©Éditions Ragami 2014.)



                                        La démarche des éditions Ragami est intéressante, en ce qu'il s'agit de promouvoir la littérature latine auprès d'un large public en s'appuyant sur des pièces comiques dont le thème nous est déjà familier. Le choix opéré pour inaugurer la collection apparaît dès lors fort judicieux : des textes courts, une langue simple, des pièces faciles à mettre en scène, un ton plein d'un humour toujours actuel, des sujets qui nous parlent encore aujourd'hui... Pour ne prendre que l'exemple de Plaute, sa pièce évoque évidemment le théâtre de Molière (qui s'en est, du reste, largement inspiré), de sorte que n'importe lequel d'entre nous y reconnaîtra un ton, une dynamique familière. A ce titre, il me semble que ces premiers livres sont une formidable porte d'entrée vers les merveilles de la culture antique. Joliment illustrés par Manon Blateau et Baptiste La Barbe, ils s'accompagnent également d'extraits audio.
  
                                        Autre aspect particulier du projet, la maison d'édition s'appuie sur un financement participatif, par le biais de la plateforme Ulule. Concrètement, ce sont les internautes et futurs lecteurs qui fournissent les fonds nécessaires à la publication, la diffusion, la publicité, etc. En échange, ils reçoivent leur livre et d'autres avantages en fonction de la somme versée. Le premier prix est de 10€ pour "Éloge du Parasite" seul ( 12€ pour "Les Jumeaux"). Mais pour 50€, vous recevrez le kit "Être un parasite ; théorie et pratique" en version de luxe : il comprend les deux ouvrages (dont l'un dédicacé par l'illustrateur), une aquarelle originale, des goodies... Édition limitée à 15 exemplaires.

                                        Pour participer au projet, c'est hic et nunc ! Ou plutôt, c'est seulement nunc - pour le hic, voyez les liens ci-dessous... La livraison aura lieu en Septembre, avant le lancement officiel de la collection courant Octobre. A partir de cette date, vous pourrez évidemment retrouver les ouvrages chez votre libraire préféré ou sur le site internet de l'éditeur. Au moment où je rédige ces lignes, la cagnotte des éditions Ragami a déjà dépassé la moitié de l'objectif fixé.

                                        Comme promis, voici les liens :

Site des éditions Ragami :  http://www.editionsragami.com/
Page du projet sur le site Ulule : http://fr.ulule.com/eloge-parasite/
Découvrez aussi les sites des illustrateurs Manon Blateau  (http://lasinge.tumblr.com/ - gros coup de cœur !) et Baptiste La Barbe (http://lesarchivesdheol.tumblr.com/ )


                                        Je souhaite beaucoup de succès aux éditions Ragami : que la toge, qu'elle soit à l'envers ou accompagnée d'un glaive, nous porte également bonheur !

jeudi 26 juin 2014

"Rome Et Ses Césars" : Entretien avec Laurent Palet.

                                        Il y a quelques semaines, je vous ai présenté ici un petit livre, "Rome Et Ses Césars", remarquable ouvrage retraçant avec concision et pertinence les grandes lignes de l'Histoire de la dynastie julio-claudienne. Son auteur, Laurent Palet, a gentiment accepté de m'accorder de son temps pour répondre à quelques questions.  L'échange, qui m'a paru trop court bien qu'ayant duré une bonne heure (!), m'a permis de découvrir un homme disponible et sympathique, que j'imagine à l'image de son parcours. A la fois universitaire, auteur, éditeur, correcteur, traducteur,... Sa trajectoire professionnelle, pourtant cohérente et dictée par la passion, dénote une variété et une richesse que l'on retrouve dans ses propos.  


Laurent Palet, pouvez-vous vous présenter brièvement ? Le site de votre éditeur mentionne une bibliographie éclectique, mais peu de renseignements sur votre parcours.

Mon parcours professionnel est divers et éclectique, justement. Je suis auteur et éditeur, je fais de la  traduction, je fais de la correction... A peu près tout ce qu'on peut faire dans l'édition. J'ai fait des études de philo, d'histoire, et surtout d'histoire de l'art. J'ai été chargé de cours en histoire de l'art à l'université et j'ai enseigné l'histoire en lycée. Ensuite, j'ai commencé à travailler dans l'édition : d'abord en parallèle comme auteur de livres d'histoire de l'art, puis comme éditeur. Depuis quelques années maintenant, je mène tout ça de front.

C'est une carrière intéressante et je suis admirative des gens qui arrivent à mener plusieurs activités dans plusieurs domaines. Mais tous en rapport les uns avec les autres...

Oui, je ne fais pas de l'édition et de la plomberie ! Je fais un peu tous les métiers de l'édition mais, pour moi, c'est la même chose : auteur et traducteur, par exemple c'est presque pareil. Éditeur, correcteur... : c'est très complémentaire. Quand j'écris, je suis très rigoureux notamment parce que  je suis aussi correcteur et éditeur, et je me mets à la place du correcteur ou de l'éditeur qui passeront derrière moi. J'essaye de leur faciliter le travail en faisant de mon mieux, même si un regard extérieur reste indispensable.

Vous avez écrit sur des sujets très variés : sur l'architecture des grands palais, la sérié télévisée "Un Village français", sur les attributs iconographiques des Saints... Qu'est-ce qui vous a conduit à vous intéresser à la Rome antique, et en particulier aux Julio-Claudiens ?

L'éclectisme vient en fait des propositions. Tous les sujets que vous citez sont des commandes, mais ils sont toujours liés soit à l'Histoire, soit à l'Histoire de l'art. Par exemple "Un Village Français", c'est une commande des éditions Milan, et le but de ce livre était de rattacher la série à cette période de l'Histoire.


Le livre de Laurent Palet sur "Un Village français", publié aux éditions Milan.

En ce qui concerne la Rome antique, le fait est que le sujet m'intéresse depuis toujours. Même si je n'ai pas fait d'études d'archéologie ou que je ne suis pas spécialisé en histoire antique, je suis un passionné, un amoureux de Rome et des ruines : je m'extasie dès que je vois trois pierres l'une sur l'autre ! Je travaille depuis des années avec les éditions Milan, et on m'a proposé d'écrire pour cette collection en me donnant le choix entre trois ou quatre sujets. J'ai tout de suite choisi les Romains, et ça tombait très bien car les autres auteurs pressentis n'en voulaient pas. J'avais déjà écrit des petites choses sur la Rome antique mais jamais un livre.

Pour ce qui est des Julio-Claudiens, c'est vraiment un choix personnel. Au départ, l'éditeur m'a présenté la collection comme portant sur les familles et les dynasties, et l'idée était de faire quelque chose sur les Césars. Ma première réaction a été de dire qu'écrire un livre de 120 pages sur LES Césars, c'est impossible : d'abord à cause de la structure de la collection, et ensuite parce les Césars, ce n'est pas une famille.  J'avais deux possibilités : soit sortir du contexte des familles et des dynasties et prendre les plus célèbres parmi les Césars au sens très large avec Marc Aurèle, Hadrien, etc. - ce qui n'était pas très intéressant car ça n'aurait été qu'une suite de biographies sans lien entre elles ; soit choisir une famille, et les Julio-Claudiens se sont imposés d'eux-mêmes. D'abord parce que ce sont les premiers, et le terme de César venant de Jules César, il faut rendre à César... Et surtout parce que c'est l'une des familles les plus intéressantes : les personnages sont tous très célèbres, contrairement aux autres familles, et ils sont tous passionnants à divers titres. Donc, je ne voyais pas comment faire autre chose que les Julio-Claudiens. Il suffit de faire la liste des Empereurs : à part peut-être Claude et Tibère qui le sont un peu moins, ils sont tous très connus, et ce sont tous des personnages de film.


La collection impose un format très codifié, déterminé à l'avance. Quels sont les avantages et les inconvénients pour un auteur ?

Pour les avantages, il suffit de faire une liste des évènements, des personnages, des lieux, etc. : il n'y a pas véritablement de plan complexe à concevoir, ça simplifie pas mal les choses. Ça oblige aussi à être extrêmement concis et clair, et pour un livre comme celui-là, c'est un avantage. Vous savez comme moi combien les rapports familiaux et dynastiques sont complexes. J'aurais d'ailleurs souhaité inclure un arbre généalogique comme dans les autres livres de la collection, mais ça s'est avéré trop compliqué. Et il y a les inconvénients des avantages : le format est très cadré. A partir du moment où je parlais de l'incendie de Rome, je ne pouvais pas le développer dans la biographie de Néron. Même chose pour César : c'est un peu étrange de le dissocier de son assassinat ! Je n'ai pas eu le choix, mais ça permet finalement d'avoir des thèmes très clairs et bien distincts les uns des autres.



Affiche du fil "Quo Vadis", version de1912.

Vous parliez de la brièveté de certaines entrées. Comment êtes-vous parvenu à résumer de façon aussi concise les biographies d'Auguste ou César par exemple ? Je sais que si j'avais du faire une biographie de César en deux pages, je me serais arraché les cheveux...

Vous avez donné la réponse : je me suis arraché les cheveux ! C'est aussi simple que ça. Je sais qu'il y a des gens qui ont cette capacité de synthèse : moi, je ne l'ai pas. C'est beaucoup de sueur, beaucoup de lecture, beaucoup de travail. J'ai aussi procédé par élimination : mes textes de départ étaient trop longs et j'ai coupé, coupé... Même si ça m'a parfois obligé à les restructurer. L'idée, c'était vraiment de prendre chaque élément essentiel dans les biographies. C'était plus facile pour les évènements ou les lieux, mais les biographies étaient moins évidentes. Surtout avec les Romains ! Comme je le disais tout à l'heure, les liens généalogiques sont tellement complexes qu'il faut à chaque fois faire comprendre qui est qui, pour que le lecteur ne soit pas complètement perdu. C'est très compliqué : ils se marient 3 ou 4 fois chacun, les noms romains sont tous très longs et tous identiques... Je pense que c'est le cas de n'importe quel historien ou lecteur, mais j'ai eu du mal entre tous les Drusus ou toutes les Antonia. Mais l'idée, c'était quand même de faire un livre grand public et de simplifier au maximum.

Au moment de choisir les lieux, les évènements ou les autres protagonistes dont vous alliez parler, aviez-vous déjà une idée précise des thèmes que vous alliez aborder ? Comment les avez-vous choisis ? 

Non, je n'avais pas d'idée de départ mais quand j'ai établi la liste des personnages principaux, le reste du plan est apparu assez facilement. Les personnages et les évènements devaient être en rapport avec les empereurs et respecter un équilibre. Je ne pouvais pas tout centrer sur César et je devais aussi inclure des textes en relation avec les autres personnages de la dynastie. Si je ressors mon plan initial, je pense qu'il n'y a pas grande différence avec le résultat final. Parce qu'il y a vraiment des figures qui se dégagent: on peut difficilement traiter de Jules César sans parler de Pompée, par exemple. On ne peut pas faire l'impasse sur Vercingétorix, c'est impossible ! Cicéron aussi était important. Et puis, ça permet de glisser des éléments, simplifiés à l'extrême, mais qui expliquent l'Histoire romaine et le fonctionnement de la République. C'est difficile de parler de tous les sujets, mais intégrer ses personnages permettait d'éclairer des points obscurs. Même chose pour les autres protagonistes : je pense qu'un lecteur qui connaît un tant soit peu cette période n'aurait pas compris qu'il n'y ait rien sur Messaline, Agrippine ou Marc Antoine. Julie était peut-être moins évidente, et je l'ai d'ailleurs un peu découverte, mais elle est passionnante. Je la connaissais, évidemment, mais je ne m'étais jamais vraiment intéressé à sa vie.


Julie, la fille d'Auguste. (Altes Museum de Berlin.)

J'ai procédé de la même manière pour les autres parties. Pour les évènements, entre l'assassinat de César et l'incendie de Rome, on couvre à peu près toute la période : la bataille de Teutobourg sous Auguste, Claude et la conquête de la Bretagne...

Sur quelles sources vous êtes-vous appuyé ? Vous êtes-vous basé sur des textes antiques ou des ouvrages plus récents ?

Je n'avais pas le temps de consulter les textes antiques. Il y a une mini bibliographie à la fin du livre, mais j'ai utilisé beaucoup d'autres sources : j'ai lu plusieurs biographies de chacun des personnages, des livres d'histoire, des livres sur la politique, la république romaine, l'empire... Mais pas de textes antiques, sauf Suétone, ou alors par l'intermédiaire de livres modernes. L'idée, c'était vraiment de faire quelque chose de très concis, pour le grand public. C'est un livre de vulgarisation, et ce que je dis n'est qu'un condensé de ce qu'on peut trouver un peu partout. Il n'y a pas de scoop !

Parmi tous les personnages que vous évoquez dans le livre, y en a-t-il un pour lequel vous avez un intérêt ou une affection particulière ? En vous lisant, j'ai par exemple eu l'impression (peut-être erronée) que vous aviez une certaine admiration pour Germanicus...

Non, pas forcément. Germanicus semble avoir été adoré des Romains, mais il y a beaucoup de propagande dans les textes anciens. Moi, j'aime bien les perdants : ceux qui m'ont le plus intéressé, ce sont Julie, Claude et Tibère. Je me suis pris d'affection pour... J'hésite entre Claude et Tibère qui, en dépit de tout le mal qu'en disent les textes anciens, ont été de grands Empereurs. Peut-être Tibère ! Ça m'a beaucoup plu d'écrire sur Tibère, et j'ai découvert pas mal de choses. Ce côté obscur, le fait qu'il soit beaucoup moins connu qu'Auguste et surtout que César, ou alors pour des horreurs et des assassinats, sans doute en partie imaginaires. Ses rapports avec Auguste sont très intéressants : Auguste a bien compris que Tibère était très intelligent, que c'était un grand général et un très grand politique. Mais on ne sait pas trop pourquoi, il le prend en grippe dès le départ !

Tibère (Musées du Vatican - ©Robert B. Ulrich.)


Le côté incompris de Claude me passionne également. Ses rapports avec Auguste aussi, sont passionnants : on est déjà dans une espèce de politique-spectacle, et Auguste ne peut pas le mettre en avant parce qu'il présente mal, alors qu'il a perçu son intelligence. Tibère et Claude étaient deux hommes brillants, mais sans charisme, qui se retrouvent propulsés empereurs avec des fortunes diverses. Tibère le voulait ; Claude c'est moins sûr. Ils ne sont pas forcément faits pour ça, parce qu'ils n'ont pas une bonne image. Comme quoi, les choses n'ont pas vraiment changé par rapport à aujourd'hui ! Mais tous les personnages sont intéressants : Séjan est un personnage shakespearien. Et il est d'ailleurs le héros d'une pièce d'un contemporain de Shakespeare. Tout ça, ça n'a même pas l'air vrai ! C'est tellement incroyable, ça semble sorti d'un roman ou d'un film.

Après avoir écrit sur les Julio-Claudiens, pourriez-vous envisager d'enchaîner sur les autres dynasties? Voire de publier un ouvrage exhaustif sur Rome et tous les Césars ? Ou un livre sur un point précis, qui vous a particulièrement intéressé en écrivant celui-ci ? 

Ah, j'aimerais bien... J'aimerais bien continuer, en écrivant des livres sur les autres dynasties, ou sur des groupes de dynasties. Ou pourquoi pas un gros livre, qui reprendrait tous les Césars, en suivant le même modèle. Ce serait très intéressant. Mais un livre sur un sujet en particulier, je ne sais pas trop... Ça demanderait beaucoup de travail, beaucoup de recherches, d'autant que je ne suis pas un spécialiste de l'Histoire antique ! Mais poursuivre avec les Flaviens ou les Antonins, ça me plairait beaucoup.







                                        L'appel est donc lancé aux éditions Milan ! Qui seraient déjà assurées de vendre au moins un exemplaire de chaque tome à Nîmes... (Et davantage, j'espère !) Je l'ai déjà fait lorsque j'ai chroniqué "Rome Et Ses Césars", mais je persiste et signe : que vous soyez des passionnés d'Histoire romaine, ou de simples curieux désireux d'en savoir davantage, lisez ce petit livre. Sous une forme attrayante et ludique, ce vade mecum reprend l'essentiel à savoir sur César, Auguste, Tibère, Caligula, Claude et Néron.

                                        A titre personnel, j'ajoute que j'ai trouvé la discussion stimulante et très intéressante, avec un interlocuteur disponible, sympathique et aussi passionné que moi. Je remercie sincèrement Laurent Palet pour sa gentillesse, ainsi que les éditions Milan qui nous ont mis en contact. En attendant déjà avec impatience de (re)découvrir les successeurs des Julio-Claudiens, sous une forme ou sous une autre... (Mais cher Laurent, je ne vous mets pas la pression !)

Pour rappel : 

 "DYNASTIES DE LÉGENDE : ROME ET SES CÉSARS" de Laurent PALET.
Éditions MILAN - 7€90.
Lien ici.







 

dimanche 30 mars 2014

Agenda : Forum Du Livre Peplum 2014.

                                        C'est reparti ! Pour la quatrième année consécutive, l'association Carpefeuch organise son Forum du livre péplum, le 12 Avril prochain. Placée sous l'égide de l'Empereur Auguste à l'occasion du bimillénaire de sa disparition, cette manifestation proposera conférences, dédicaces, ateliers et séances de cinéma, ainsi qu'un espace librairie entièrement dédié à l'Antiquité dans la littérature et la BD.

                                        Dès le Vendredi 11 Avril, le Forum Kinépolis du centre ville de Nîmes diffusera deux péplums, présentés par Claude Aziza : "La Légende d'Hercule" et "300 : Naissance d'un Empire". Le lendemain, nous vous attendrons à partir de 9H30, vêtus de nos plus belles toges et stolae, dans l'enceinte du collège Feuchères. Après l'ouverture des portes, en présence de l'Empereur Auguste lui-même, vous aurez tout le loisir de découvrir les romans, biographies et bandes dessinées disponibles à la vente, et notamment les ouvrages d'Eric Teyssier, Claude Aziza, Luc Mary et Jean d'Aillon, présents pour des dédicaces. Vous pourrez aussi tenter votre chance à notre tombola dotée de nombreux lots, participer à des ateliers mosaïque et jeux antiques animés par Véronique Pinguet-Michel du Petit Atelier de l'Emporte-Pièce (Lien ici), ou encore assister à de nombreuses animations et démonstrations.  



                                        Tout au long de la journée, nos spécialistes se succèderont pour plusieurs conférences et tables rondes consacrées à Auguste : Béatrice Bakhouche abordera la signification du nom d'Auguste (10H), Eric Teyssier étudiera l'empreinte qu'il a laissée sur le ville de Nîmes (11H), Luc Mary vous racontera la bataille de Teutobourg (13H30), Jean d'Aillon présentera le détective romain héros de ses romans (14H30), Claude Aziza traitera du thème d'Auguste dans la fiction (15H30), avant de retrouver Valérie Mangin (scénariste de la BD "Alix Senator") pour parler de ce personnage (16H30). Enfin, le forum se clôturera par la projection d'un dessin animé. Et pour terminer en beauté, le Forum Kinépolis accueillera à nouveau les spectateurs pour l'avant-première du film "Noé", où Russell Crow est dans un bateau...  

                                        Passionnés d'antiquité ou simples curieux, petits ou grands seront les bienvenus pour découvrir, échanger et partager autour de la figure du premier Empereur romain. Pour tout renseignement, vous pouvez me contacter par courriel ou consulter le site internet de l'association Carpefeuch : ici. Parlez-en autour de vous et venez nombreux !


FORUM DU LIVRE PÉPLUM : 12 AVRIL 2014.
De 9H30 à 18H30.
Collège Feuchères - 3 avenue Feuchères - 30000 Nîmes.

Pour les séances de cinéma :  FORUM KINEPOLIS.

3 rue Poise - 30000 Nîmes - Tél : 04 66 67 29 94 - Lien ici.

Vendredi 11 Avril 2014 : La Légende d'Hercule à 19H30. (90 min.)
                                           300 : Naissance d'un Empire à 21H30. (102 min.)
Samedi 12 Avril 2014 :   Noé à 19H30. (139 min.)


En partenariat avec les librairies Siloë, Teissier, le Bédéphile et avec le concours de Metropolitan Filmexport, les éditions Faton, McDonald's France et Ferrero France. 

dimanche 24 novembre 2013

Bonne Lecture : "Marc Aurèle, L'Empereur Paradoxal" d'Yves Roman.

                                        De tous les empereurs romains, il en est un dont la notoriété a indéniablement dépassé la simple sphère historique : Marc Aurèle est presque plus célèbre comme philosophe qu'en tant qu'empereur. Ses "Pensées Pour Moi-Même", recueil de réflexions personnelles et d'exercices spirituels à travers lesquels il tente d'atteindre la sagesse, sont considérées à juste titre comme une œuvre majeure de la philosophie stoïcienne, au point que l'image du maître de Rome s'efface souvent derrière celle du disciple d'Epitecte. Elles sont pourtant indissociables l'une de l'autre - et ce sont précisément ces deux facettes, et les paradoxes qu'elles supposent, qu'interroge Yves Roman dans cette biographie érudite, fouillée, parfois aride mais particulièrement éclairante. 

                                        Biographie, ou plutôt essai puisque les chapitres sont thématiques et embrassent les grandes questions du règne de Marc Aurèle plutôt que son existence d'un point de vue chronologique. Extrêmement bien écrit quoique parfois un peu austère en raison de la complexité des questions traitées, le livre navigue entre stoïcisme, sophisme, théurgie, géostratégie... (et posologie lorsqu'on s'interroge sur la quantité d'Aspirine à ingurgiter !), toujours avec une érudition stupéfiante, mais qui demande déjà certaines connaissances et une bonne dose de concentration. L'ensemble est donc ardu mais passionnant à lire, et le ton reste agréable et proche du lecteur. On devine aussi la passion de l'auteur et son attachement à cette figure étonnante de l'Antiquité romaine.




                                        Professeur émérite d'histoire ancienne à l'université Lumière-Lyon II, Yves Roman s'est déjà penché sur les rapports entre les Empereurs et le Sénat ou, plus récemment, sur le règne de l'Empereur Hadrien. C'est donc à son petit-fils adoptif qu'il s'intéresse aujourd'hui. Le sous-titre de l'ouvrage, "L'empereur paradoxal", le dit clairement : mettre en parallèle les réflexions philosophiques du personnage et ses actions d'homme d'état soulève bien des contradictions qui, scrupuleusement étudiées, en disent aussi long sur sa personnalité que sur la société romaine de l'époque dont, par ses zones d'ombre et de lumière et en tant que premier citoyen, il reflète la mentalité. Un homme épris de justice, de paix et d'humanisme, souvent proche dans ses écrits de la morale chrétienne - mais chef de guerre qui vit dans une société esclavagiste et laisse persécuter les Chrétiens... Multiples ambivalences qu'entend sonder l'auteur.

                                        Dès l'âge de 10 ans, Marc Aurèle annonce à sa mère son intention de devenir philosophe. Bel idéal, mais qui ne convient guère au rejeton d'une noble famille romaine ! Qu'importe, le jeune homme est résolu. Mais sa vocation est tuée dans l’œuf lorsque sa maturité et son intelligence lui valent l'attention d'Hadrien (dont il est par ailleurs le petit-cousin) : adopté par Antonin le Pieux, lui-même fils adoptif d'Hadrien, il est donc très tôt destiné à régner, et formé dans ce but. Pourtant, et malgré les efforts de ses précepteurs, il ne se détachera jamais de la philosophie. Alors, qui est Marc-Aurèle ? Le philosophe-roi tout droit sorti de "La République" de Platon ? Un philosophe contrarié répondant à l'appel du devoir ? Ou un empereur tourmenté qui a trouvé refuge dans la philosophie? Probablement un peu des trois - ce qui ne simplifie pas les choses.

                                        Sur le plan militaire, alors que ses "Pensées" sont tout empreintes d'un idéal de paix, il passe la majeure partie de son règne en guerre - combattant notamment les Barbares sur le Danube au cours des 8 dernières années. Commandant personnellement les armées, il n'hésite pas à réprimer les révoltes et à lutter contre les Sarmates ou les Macromans. Et pourtant, la colonne construite à Rome et illustrant ces conflits ne montre aucun triomphalisme, mais juste la violence et la souffrance engendrées par ces affrontements. Du point de vue législatif et judiciaire, s'il s'applique à rendre la justice avec équité et humanité, mais ne remet pas en cause l'esclavage, ni même une disposition créant une juridiction spéciale pour les notables. En matière de religion enfin, Marc Aurèle est certes un philosophe, mais il ne dédaigne pas l'astrologie. Fidèle à la pratique religieuse romaine, certaines de ses réflexions sont étrangement proches de la morale chrétienne (l'amour du prochain ou la notion de péché par exemple), mais il voit dans le christianisme, religion monothéisme exclusive, une menace pour l'ordre public et la cohésion de la société - ce qui explique qu'il laisse libre court à la persécution des chrétiens (comme Sainte Blandine, martyrisée sous son règne).



Marc Aurèle. (©Chris Waits via Flickr.)

                                        Tous ces aspects sont largement développés dans ce livre, qui revient en détail sur les campagnes militaires, l'action judiciaire, le contexte historique ou la question religieuse. Ce dernier chapitre est d'ailleurs tout à fait passionnant, en ce qu'il expose les principes philosophico-religieux de Marc Aurèle et son propre rapport au Divin - immanence divine ou divinisation des Empereurs, libre-arbitre et fatalisme notamment. Mais ce qui sous-tend toute la réflexion, c'est bien l'impact de la pensée philosophique sur l'action de Marc Aurèle. Sa formation et ses influences sont largement étudiées, de nombreux extraits des "Pensées..." ainsi que des lettres de son précepteur Fronton  illustrant le propos d'Yves Roman et appuyant son propos.

                                        Car en définitive, le principal paradoxe de Marc Aurèle ne tient-il pas tout entier dans cette double identité de philosophe et d'Empereur ? Le stoïcisme, souvent considéré comme une doctrine apolitique, pose à juste titre la question de la conciliation de la morale philosophique et de l'exercice du pouvoir. "Mais pouvait-on, sans risque pour l’Empire, voir concentrés dans le même personnage la philosophie et le pouvoir ?" demande d'ailleurs l'auteur. Pour le dire autrement, les lois universelles du Cosmos n'entrent-elles pas en contradiction avec la pratique, le point de vue absolu avec le point de vue relatif ? A ce titre, l'étude de la personnalité et de l'action de Marc Aurèle se révèle fort instructive : elle permet d'élargir la question de la place du Sage dans la société à celle de la conciliation entre idéalité de la sagesse et nécessaire pragmatisme.

                                        Marc Aurèle serait donc un empereur se pliant à la raison d’état, mais utilisant la philosophie comme principe de gouvernement. D'où le sentiment de mélancolie, de lassitude voire d'épuisement parfois, que l'on perçoit à travers les maximes et réflexions qu'il s'adresse à lui-même. Malgré les guerres, les persécutions ou l'esclavage, Yves Roman soutient que "ce qui l’anima fut toujours le souci de l’humain, en particulier dans les affaires individuelles, et, plus globalement, l’intérêt, le bien-être des hommes de l’empire". Le livre est en tous cas convaincant et, même si l'on n'adhère pas forcément à cette vision toute positive, on trouvera passionnantes les multiples interrogations qu'elle soulève. Et dès la dernière page tournée, on se replongera avec avidité dans les "Pensées Pour Moi-Même" : preuve, à mon sens, que le livre est une réussite !




"Marc Aurèle, L'empereur Paradoxal" de Yves ROMAN.
Éditions Payot - lien ici.
496 pages - 27.50 €


Et tant que j'y suis...


"Pensées Pour Moi-Même". de MARC AURELE.
Éditions GF Flammarion - lien ici.
222 pages - 3.90 €

mercredi 6 novembre 2013

Bonne Lecture : "Il Etait Une Fois... Les Romains En Languedoc" de Georges Mattia.





                                        Rome a dominé durant des siècles un vaste territoire, sur lequel elle a durablement laissé son empreinte : du Moyen-Orient au Nord de l'Angleterre, d'Afrique du Nord jusqu'en Allemagne, les vestiges de la puissance impériale sont... légions. Dans ce domaine, le Languedoc-Roussillon n'a pas à rougir. Passage obligé entre Rome et l'Espagne, cette zone fut très tôt occupée par les Romains, et la richesse de son patrimoine se traduit autant par le nombre des découvertes que par leur variété. Des pans d'Empire romain enfouis, progressivement mis au jour en même temps que se révèlent ces Gallo-romains au travers d'une société dans son ensemble ou des petits détails de la vie quotidienne.

                                        C'est par ce biais que Georges Mattia a tenté d'appréhender ces Romains du Languedoc. Journaliste au quotidien "Midi-Libre", il a rédigé durant l'été 2011 une série de chroniques qui, enrichies et actualisées, ont été réunies dans un livre. Se basant sur les chantiers récents et les dernières recherches en archéologie romaine dans la région, l'auteur s'invite dans le quotidien de ses antiques habitants.  

Georges Mattia. (©Actes Sud)

 Pour se faire, il s'est rapproché des historiens, archéologues, etc.  En un mot, des meilleurs spécialistes régionaux. A leurs côtés, il s'est penché sur les grands et petits sites locaux, au plus près des dernières avancées. Armé d'une passion et d'un savoir que l'on devine immenses, Georges Mattia en a tiré de courtes chroniques, tenant sur deux pages, afin de rendre accessible l'essentiel de ces recherches et leurs implications quant à la compréhension du mode de vie des Romains installés dans le province de la Narbonnaise. Le but est largement atteint : par son écriture légère et agréable, et grâce à ses articles percutants, rédigés dans un style simple et rigoureux mais mâtiné d'une bonne dose d'humour et de références populaires, le journaliste conduit son lecteur sur les zones de fouilles ou dans les vestiges, avant de l'entraîner au cœur de l'antiquité, dans les pas des hommes et des femmes qui peuplaient les lieux. Et il conclut bien souvent par un trait d'humour bien senti qui, derrière la galéjade, interroge les liens qui nous unissent encore à eux. 





                                       A cette écriture à la fois sérieuse sur le fond et malicieuse dans la forme, il convient d'ajouter l'incroyable richesse des illustrations, qui mêlent habilement les reconstitutions en images de synthèse, les formidables aquarelles de Jean-Claude Golvin, les photographies des chantiers de fouilles, des mosaïques ou des objets sortis des musées.

                                        En textes et en images, on arpente ainsi l'ensemble de la région, de la frontière espagnole à Arles en passant par Javols, Nîmes, Narbonne, la Villa Loupian ou des endroits moins connus comme Sommières ou Murviel-lès-Montpellier. A la diversité des lieux répond celle des thèmes évoqués qui, rassemblés, offrent une vision étonnante et très complète de la civilisation gallo-romaine. Certains articles sont attendus : le Pont du Gard, la Maison Carrée de Nîmes et son amphithéâtre, Arles Antique ou les superbes mosaïques de la Villa Loupian. D'autres, en revanche, sont plus surprenants, mais toujours pertinents. La reconstitution d'une bataille sur le site de Lattes permet par exemple de mettre en lumière la participation de combattants gaulois dans les rangs de l'armée romaine ; l'archéoconchyliologie (étude archéologique des coquilles) met en lumière le goût des Romains pour les huîtres ; l'antique relais routier de Villetelle présente une approche originale des transports et des communications de l'époque. Économie (commerce, monnaie), société (religion, droit romain), urbanisme (forum, thermes, infrastructures, etc.), artisanat (mosaïques, poterie et surtout viniculture) grands hommes (Auguste, César, Pompée), loisirs (jeux, gladiature, théâtre, piscines) et vie quotidienne (gastronomie, villae, cosmétiques... et latrines !) : Georges Mattia multiplie les thématiques et offre au lecteur un panorama complet du Languedoc romain.

                                        Je n'émettrai que deux petites critiques, toutes relatives. Tout d'abord et bien qu'il soit très intéressant, l'ouvrage m'a parfois donné l'impression d'un joyeux fouillis : on passe d'un sujet à l'autre, d'un lieu à l'autre avant de rebrousser chemin ou de revenir sur un thème déjà évoqué quelques pages plus tôt. Mais je suppose que l'ordre choisi n'a rien d'aléatoire et qu'il suit la chronologie de la parution des textes dans le quotidien régional. Dans le même ordre d'idée, je regrette que certains articles n'aient pas été approfondis. Là encore, je comprends toutefois qu'un développement plus important sorte du cadre de cet ouvrage.



                                        Et, finalement, c'est peut-être là le principal mérite de ce livre : certains curieux se contenteront de cet aperçu de romanité languedocienne, quand il donnera à d'autres l'envie de s'immerger davantage dans tel ou tel sujet. Sans compter qu'il remplit une autre fonction : celle de guide touristique pour passionné d'antiquité ! Un joli livre, sympathique et accessible qui souligne ce que le Languedoc doit à Rome à travers la romanisation du territoire et de la société, mais aussi ce que Rome doit au Languedoc, notamment grâce au commerce et à l'agriculture. Tous les chemins mènent peut-être à Rome, mais un détour par la Narbonnaise est fortement recommandé.

IL ÉTAIT UNE FOIS... LES ROMAINS EN LANGUEDOC.
de Georges MATTIA.

Éditions Actes Sud / Errance - 192 pages - 27€.

Lien ici.

mercredi 25 septembre 2013

Bonne Lecture : "Pompée, l'Anti-César" d'Eric Teyssier.


                                        Malheur aux vaincus ! Si les vainqueurs ont marqué les mémoires de leur empreinte, leurs adversaires malheureux n'ont bien souvent pas eu cette chance et finissent, au choix, calomniés et accusés de toutes les turpitudes, ou tout simplement relégués aux oubliettes de l'Histoire. Tel est le cas de Pompée, que le grand public ne connait plus guère aujourd'hui que grâce à la série "Rome" qui, décidément, a fait beaucoup pour l'Antiquité romaine. Encore n'y apparaît-il que le temps de quelques épisodes, vite balayé par un César héroïsé. Pourtant, on sait depuis Corneille qu'à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Ou, pour le dire autrement, la victoire est d'autant plus grandiose que l'ennemi est redoutable. A ce titre, César n'aurait pu rêver meilleur opposant.

                                        Eric Teyssier, maître de conférence à l'université de Nîmes et grand spécialiste de la gladiature, a eu l'excellente idée de consacrer à Pompée un livre remarquable, aussi bien sur le fond que sur la forme. Dans un style simple mais alerte, cette biographie exhaustive retrace le parcours de notre homme, de sa naissance au sein d'une influente famille de chevaliers de province jusqu'à sa mort, quelques 58 ans plus tard, lorsqu'il est assassiné sans gloire à Alexandrie. Chaque étape de la vie de Pompée est largement documentée et fourmille d'anecdotes riches d'indices quant à sa personnalité et / ou la société dans laquelle il évolue.

                                        Embrassant très tôt une carrière militaire qui ne lui permet pas d'achever la formation classique des jeunes gens de l'époque, Pompée démontre rapidement ses qualités de chef de guerre. Lieutenant de Sylla, aux côtés duquel il se range lors de la guerre civile de 88 avant J.C., Pompée entame une ascension fulgurante : général à 23 ans, il obtient son premier triomphe à 25 et ne cesse de combattre en Espagne, en Afrique et en Orient, où il est chaque fois victorieux. Ce n'est pas pour rien que ces soldats le surnomment Magnus, "Le Grand" ! Fin diplomate lorsque les circonstances l'exigent, faiseur de rois, artisan de l'expansion romaine, fondateur de villes et bâtisseur du théâtre qui a gardé son nom à Rome, Pompée est sans conteste l'un des plus grands hommes de l'Histoire de Rome.


Buste de Pompée. (Glyptothèque de Copenhague.)

                                        Mais si Pompée est un excellent militaire, il a plus de mal à s'imposer sur la scène politique. Bien que trois fois consul, il n'a pas l'aisance oratoire d'un Cicéron ou d'un César et, surtout, ces origines modestes lui valent d'être méprisé par l'élite sénatoriale. En un mot, il peine à trouver sa place au sein d'un système politique traversé par l'opposition entre Optimates et Populares, se ralliant tantôt aux uns, tantôt aux autres, dans une période particulièrement troublée. Les premiers n'entendent rien céder de leurs privilèges, les seconds n'hésitent pas à recourir à la violence pour appuyer leur démagogie et gagner les faveurs du peuple et, en coulisses, des généraux soutenus par des soldats fidèles affutent leurs armes dans le seul but d'assouvir leur soif de pouvoir...

                                        Consul unique en 52 avant J.C., Pompée commet la grande erreur de sa carrière en laissant passer l'opportunité de réformer la République et de sauver ce qui peut l'être. Mais il n'a ni le recul ni les capacités d'analyse nécessaires pour le faire... Son aura décline à mesure que s'accroît celle de César, subtil politicien qui sait bien comment manipuler son monde. La mort de Crassus, en sonnant le glas du triumvirat, place les deux hommes face à face et précipite l'affrontement : cette ville, Rome, est trop petite pour deux Imperatores. Survient alors une nouvelle guerre civile. Allié aux Optimates (qui détestent César plus encore), Pompée ne prend pas la mesure de la situation. On connait la suite : au terme de deux années de lutte acharnée, César sait jouer aussi bien de sa chance insolente que de ses aptitudes militaires et de sa finesse d'esprit, et les pompéiens sont définitivement balayés lors de la bataille de Pharsale. Pompée n'a plus de Grand que le surnom et c'est suivi par une petite poignée de fidèles que l'ombre de l'homme qu'il fut cherche un ultime refuge en Égypte. Il y trouve la mort, lorsqu'il est lâchement assassiné sur ordre des conseillers du Pharaon, qui ne veulent pas d'un ami si embarrassant. A la mort honteuse s'ajoute l'ignominie de misérables funérailles - l'épave d'une veille barque pour bûcher, et seulement deux hommes pour rendre les derniers honneurs à celui qui faillit être le maître du monde romain. Sic transit gloria mundi. 




"La Mort de Pompée." (Tableau anonyme, Musée Magnin de Dijon.)

                                        Au-delà de sa trajectoire fulgurante et tragique, Eric Teyssier dresse le portrait de l'homme derrière l'Imperator, dans sa vie privée autant que dans sa vie publique, révélant les paradoxes du personnage. Général charismatique et proche de ses hommes, mais peu à peu oublié du peuple ; généreux ou avide selon les circonstances ; mari tendre et aimant mais ami peu fiable ; Romain attaché aux valeurs ancestrales mais aux alliances politiques fluctuantes ; personnage ambitieux mais capable de se retirer plusieurs mois de la vie publique... Dans ses contradictions et sa complexité, Pompée apparaît - de l'aveu de l'auteur - comme "plus humain que César". Eric Teyssier ne cache d'ailleurs pas sa sympathie pour notre homme, dont il fait le héros d'une biographie fouillée mais accessible, un livre d'Histoire qui se lit comme un  roman, entre thriller politique, roman de cape (pardon, de toge !) et d'épée, et tragédie antique.

                                        L'analyse est pertinente et permet de mieux comprendre l'agonie d'une République romaine mise à mal par l'affrontement entre Marius et Sylla, l'extension d'un territoire devenu trop vaste pour le système administratif et politique alors en vigueur, et l'émergence de généraux trop ambitieux. Parmi ceux-là, Pompée était pourtant bien placé pour prendre le pouvoir. Qu'en aurait-il fait ? Nous ne le saurons jamais. Mais en refermant le livre et par-delà les différences de vision politique ou d'origine sociale, je dois dire que le sous-titre choisi par l'auteur a pris pour moi un sens nouveau : Pompée est attachant, quand Jules César est admirable...




"Pompée, l'Anti-César" d'Eric Teyssier.
Éditions Perrin.
425 pages - 24 euros.

mercredi 3 juillet 2013

Bonne Lecture : "Murena - Les Epines".

                                        Si vous me lisez régulièrement, vous savez que je ne suis pas une fan de BD. Ce n'est pas par snobisme, mais simplement parce que j'ai du mal à adhérer à ce support. Exception faite, évidemment, des albums traitant de l'Antiquité romaine : peu importe que la qualité soit là ou non, je m'y plonge avec délice et la passion du fond l'emporte sur mon peu de goût pour la forme, dont j'arrive à faire abstraction. Certes, la production est inégale - même si la plupart des albums tiennent la route... Mais parfois, on découvre une pépite au milieu de tout cela, une œuvre à part entière, qui va bien au-delà de la simple BD, qui dépasse les codes et transcende son format. Nous ne sommes plus dans la simple BD, mais dans de la littérature illustrée, du cinéma en images fixes. C'est le cas de "Murena", admirable série de Jean Dufaux et Philippe Delaby. Inaugurée en 1997 avec le déjà prometteur "La Pourpre Et l'Or", elle se poursuit aujourd'hui avec la parution d'un tome 9, "Les Épines", pivot central de l'intrigue en ce qu'il marque la fin d'un cycle et le tournant du règne de Néron.

© Delaby - Dufaux - Dargaud Benelux (Dargaud-Lombard s.a.)


                                        A l'occasion de la sortie de ce nouveau tome, très attendu par les fans, les éditions Dargaud m'ont proposé d'en présenter quelques planches (réunies en fin d'article, pour ne pas "parasiter" l’œuvre) qui, je l'espère, vous inciteront à acheter l'album, voire à découvrir l'intégralité de la saga si vous ne la connaissez pas encore. Pour ceux qui sont dans ce cas, il suffira de dire que la série retrace, à partir de la mort de l'Empereur Claude qui clôt le premier tome, le règne de son fils adoptif, Néron. Voilà pour l'idée générale. Mais ce qui est véritablement prenant dans l’œuvre de Dufaux et Delaby, c'est bien la manière dont ils ont choisi de traiter leur sujet : on est chez Alexandre Dumas, dont ils se revendiquent, autant que dans la série "Rome", fréquemment évoquée lorsqu'on parle de "Murena", ou dans l'univers du péplum. Du premier, la BD a le souffle romanesque et le goût des intrigues sulfureuses ; de la seconde, le mélange de personnages historiques et fictifs, plongés dans un univers scrupuleusement recréé ; du troisième enfin, l'esthétique quasi-cinématographique des plans et une mise en scène visuelle qui emporte l'imagination.


                                        Le règne de Néron, donc, où se croisent les destinées de figures historiques telles que Néron bien sûr, Agrippine, Pallas, Acté, Poppée, Locuste, Britannicus, Pierre, Tigellin, Pétrone, etc. et celles de personnages inventés. Parmi eux se détache Lucius Murena, qui donne son titre à la série : fils d'une maîtresse de Claude assassinée sur ordre d'Agrippine, protégé de Pétrone, il est tout d'abord un ami intime du jeune Néron. Mais les deux hommes s'éloignent petit à petit, jusqu'à la rupture, violente et irrémédiable, qui fait d'eux des ennemis. Autre héros de ce péplum de papier, Balba, gladiateur attaché à Britannicus et déterminé à venger sa mort, dont il tient Néron pour responsable. Autant d'intrigues dont les fils s'entremêlent, tissant l'écheveau d'une œuvre remarquable, réunissant tous les ingrédients d'une bonne histoire : l'amour, le pouvoir, la haine, la vengeance... Quand je vous disais que Dumas n'était pas loin !

Néron, en couverture du 1er volume de l'intégrale. (© Delaby - Dufaux - Dargaud Benelux (Dargaud-Lombard s.a.))

                                        Ce neuvième tome commence après l'incendie de Rome. Des quartiers entiers sont partis en fumée, laissant les habitants aussi désemparés que furieux. Si Néron rêve déjà de rebâtir la ville pour en faire une cité à sa (dé)mesure, il lui faut d'abord calmer le peuple. Et pour se faire, son entourage l'incite à livrer des coupables à la vindicte populaire. Ce seront les Chrétiens, obscure secte en marge du judaïsme et parfaits boucs émissaires. Sans aucune preuve, ces innocents sont donc condamnés à mourir dans l'arène, dans les souffrances que l'on imagine. Parmi eux, l'apôtre Pierre, dont le supplice nous est montré dans toute son insoutenable violence. En parallèle, c'est bien la lente descente aux enfers de Néron qui s'annonce... Un Néron qui bascule progressivement dans la folie, encouragé dans ses névroses par un entourage servile et prêt à tout pour une miette de pouvoir.  Et tandis que Balba affronte une nouvelle (et dernière...) fois son rival Massam, Murena se perd dans les bras de la belle Claudia, entre passion charnelle et culpabilité.

Jean Dufaux. (© Dargaud / Catherine Lambermont)
Si le scenario est remarquable, son exactitude historique ne l'est pas moins. Le soin apporté aux détails se retrouve dans tous les aspects des albums, qu'il s'agisse de l'architecture, de la vie quotidienne, ou encore des évènements en eux-mêmes. L'image de Néron, loin des clichés, est celle d'un jeune homme fragile, abîmé par une mère dévorée d'ambition, manipulé par les courtisans, à qui ont été arrachés tous ceux qu'il aime et qui, peu à peu, perd pied. Bien sûr, on pourra contester certains choix: les historiens eux-mêmes n'étant pas toujours d'accord entre eux, Jean Dufaux a parfois été obligé de prendre parti. Encore le fait-il avec subtilité et intelligence, suggérant sans jamais affirmer - comme dans le cas de la mort de Britannicus, par exemple. Plus discutable à mes yeux, l'omission pure et simple d'Octavie, première épouse de Néron, s'explique pourtant par une volonté de simplifier une histoire déjà très riche. Je peux le comprendre, mais je trouve ce choix dommage. Reste que les connaissances de Dufaux sont toujours mises en valeur par le trait de Delaby, là encore avec beaucoup de finesse : les détails s'intègrent au récit sans l'alourdir, sans jamais verser dans une pédagogie ostentatoire - d'ailleurs bien éloignée de l'esprit général.

Philippe Delaby ( (© Dargaud / Catherine Lambermont))

Le dessin, justement, accentue encore le rythme et la cohérence de la trame. Le trait, fin et précis, joue en permanence sur la lumière, la perspective, le rendu des mouvements, etc. dans une mise en images proche du story board. L'influence du cinéma à l'antique, déjà très présente dans les tomes précédents (la course de char de "La Déesse Noire" n'était pas sans évoquer "Ben Hur"), se retrouve évidemment ici, la gladiature et le thème sulpicien étant, après tout, des classiques de bien des péplums. La couverture de ce nouvel album à elle seule suffit à démontrer la puissance évocatrice du trait du dessinateur : cette simple main, crispée de douleur, clouée sur une croix, dit déjà l'essentiel tout en laissant le champ libre à l'imagination du lecteur.

J'ajouterai, à titre purement personnel, que je suis un fan des illustrations de Delaby : j'adore son Néron, si éloigné de l'image que l'on en a généralement, et je suis tout simplement amoureuse de sa Poppée ! Je parie que je ne suis pas la seule. A ce sujet, signalons que deux pages ont apparemment été expurgées de scènes de sexe, mais une version non-censurée est d'ores-et-déjà programmée en édition limitée pour le mois de Novembre, pour les moins prudes d'entre nous ! Avec, en prime, un dossier sur la sexualité à Rome, rédigé par Claude Aziza. De quoi vous tenir chaud pour les longs mois d'hiver... Sans vouloir jouer les Saintes-Nitouches, je ne suis pas certaine que cela change grand-chose au scénario - j'attends de voir.

Poppée : avouez qu'elle fait son petit effet ! (© Delaby - Dufaux - Dargaud Benelux (Dargaud-Lombard s.a.))

                                        Dans l'intervalle, je pense que nous pourrons nous contenter de la parution "tous publics", et je vous encourage vivement à mettre vos pas dans ceux de Lucius Murena, pour découvrir un pan de l'Histoire de Rome. Une Rome de larmes et de sang, mais aussi et surtout une Rome complexe, vivante et vibrante, rendue dans tout son éclat et toute son ombre par le duo Dufaux - Delaby. 

MURENA - "Les Épines" (Tome 9) de Jean Dufaux et Philippe Delaby.
Editions Dargaud Benelux - 56 pages - 11€99.
Lien vers le site de l'éditeur ici. (Avec en bonus des fonds d'écran, e-cards, vidéos, etc.)

A signaler également, deux expositions autour de "Murena" :

  • Musée de Saint-Romain-en-Gal (RD 502 - 59560 Saint-Romain-En-Gal) : Planches originales, dessins inédits, interviews, etc. - Du 17 Mai au 1er Septembre. - Voir ici.
  • Centre Belge de la Bande Dessinée (20 rue des Sables - 1000 Bruxelles) : Planches originales - Du 29 Octobre au 1er Décembre.


Et, comme promis, les 10 premières planches de l'album, gracieusement offertes par Dargaud. Merci à eux !


   











Toutes les illustrations © Delaby - Dufaux - Dargaud Benelux (Dargaud-Lombard s.a.) - Tous droits réservés.
    

mercredi 26 juin 2013

Un Petit Aperçu Du Forum Du Livre Péplum...


Au début du mois se tenait à Nîmes la troisième édition du Forum du Livre Péplum. J'avais eu l'occasion de vous en parler quelques jours auparavant, et je vous invite aujourd'hui à vous rendre sur le site de l'association Carpefeuch, qui organisait l'évènement et qui présente un diaporama de ces deux journées (ici), placées sous les auspices de Néron - sortie du tome 9 de la BD "Murena" oblige... Quelques images qui font revivre les conférences, séances de dédicaces et soirées cinéma.





                                        De mon côté, je complète ce petit album par quelques photos supplémentaires, dont une où j'apparais, fièrement vêtue de ma stola et de ma palla. Pour l'anecdote, je précise que c'est dans cet accoutrement que Betty (à mes côtés) et moi-même avons arpenté l'esplanade. Jusqu'au moment où, ayant perdu de vue nos petits camarades, nous n'avons rien trouvé de mieux que de demander aux passants : "Nous étions avec un Empereur romain: vous ne l'avez pas vu, par hasard ?!!!" Même à Nîmes, ça ne fait pas très sérieux...

                                        Voilà en tous cas quelques clichés pour vous plonger dans l'ambiance de ce Forum. En attendant, déjà, l'année prochaine avec impatience !


Le stand des libraires.

Caesar Patricus (?) et moi-même.


L'ambiance du Forum...
 


Nos stands : vente de la cuvée Carpefeuch et de DVDs.



Démonstration de combat par les membres de Ars Maiorum.



Martine, Romaine anachronique...
Claude Aziza présente "La Chute De l'Empire Romain".





Betty et moi-même, protégées par les gars de Ars Maiorum : personne ne viendra s'y frotter !